Le film

Corto

Corto Fajal a les yeux qui brillent étrangement quand il parle de son métier. Un métier de réalisateur au long cours, qui lui permet, dit-il, « de vivre des expériences singulières, d’appréhender une temporalité longue, d’être habité par ce que je vis, et si possible, dans une démarche cohérente avec mes convictions. »
Assistant réalisateur, puis réalisateur de films documentaires, son précédent film « Jon, face aux vents » est sorti en salle en 2011. Il se déroule dans le Grand Nord scandinave parmi les samis avec qui il a partagé 5 années. C’est pendant le tournage de ce film, lors d’une tempête de neige, bloqué dans un refuge plusieurs jours, qu’il entend parler pour la première fois de Tikopia.
Une nouvelle aventure humaine démarre alors qui l'a occupé ces 6 dernières années et à travers 3 expéditions de plusieurs mois sur Tikopia..

Corto Fajal

Réalisateur
Charles

Charles Hubert dit Charlu, fait ses premières armes dans les métiers de l'image en fréquentant assidûment la cabine de projection du cinema près de chez lui quand il est encore ado. Il intègre une école de cinéma, enchaîne des expériences d'assistants. Très vite il éclaire et fait l'image sur des courts-métrage, puis du long métrage. Attiré par les ailleurs, c'est avec enthousiasme qu'il s'est engagé sur l'aventure Tikopia et mis tout son talent au service des splendides images du film.

Charles hubert Morin

Opérateur image
Corinne

Opératrice son depuis toujours et navigatrice dans l'âme, Corinne a posé son micro sur tous les continents de l'Antarctique à l'Amérique du Sud. Elle a travaillé plusieurs années à l'INA, avant de créer son studio pour prolonger la prise de son par le montage et le mixage. Il manquait l'île de Tikopia à son palmarès des découvertes.. c'est chose faite !

Corinne Gigon

Opératrice son
Seve

Sève a toujours écrit : des poèmes dès l'âge de 12 ans, des nouvelles à 15 ans, puis plus tard des spectacles, des contes, des chansons …
Ses écrits, elle les interprète au théâtre ou dans la rue, les met en scène, les chante ou les partage en public lors de lectures, d'expositions, de concerts, de balades contées et d'ateliers... faisant de l'écriture une compagne indissociable de son activité artistique.
La publication de son premier recueil de nouvelles ``Garde-robe`` par les éditions de la Gidouille en 2014 et la parution en septembre 2016 aux éditions Gallimard-Jeunesse de son premier roman ``Les valises`` sont la continuité de cette relation complice.
Sans préméditation, elle propose à Corto, son mari d'être la voix témoin pour accompagner les différentes étapes du montage et les différentes versions jusqu'au texte définitif... Jusqu'à incarner et devenir la voix de Tikopia....

Sève laurent Fajal

La voix de l'île
dominique-molard

Artiste actif et reconnu depuis 1966, Dominique Molard joue divers instruments de percussions (bodhrán, batteries, derbouka). De la caisse claire écossaise aux tablas indiens, des os aux bambous et des instruments de la famille des idiophones (steel-drum, balafon, hang), il fait le lien entre la musique traditionnelle bretonne et les différentes influences rythmiques de la musique du monde entier. Il a partagé la scène et le studio avec un grand nombre d'autres artistes et à ainsi pu participer à la réalisation d'une soixantaine d'albums. C'est au travers d'un instrument atypique, le hang, que Dominique Molard proposera une restitution sonore, visuelle et écrite de ses nombreuses années de recherches et de découvertes autour des rythmes de la musique traditionnelle.
Corto Fajal, cherchait un compositeur pour imaginer une musique ``organique`` comme le reflet de l'ambiance sonore de l'île de Tikopia. A travers un fin mélange d'instruments de percussions et mélodiques que Dominique connait bien et de sons collectés sur l'île: vent, mer, oiseaux, voix, chants traditionnels, Dominique a conçu une partition originale qui restitue fidèlement cette atmosphère particulière et organique de l'île de Tikopia.

Dominique Molard

Musicien

MAIS AUSSI:

 

Montage: Ranwa Stephan

 

Effets visuels: Pierre Bouchon

 

Producteur Suède: John Erling Utsi

 

Producteur France: Corto Fajal, Brewenn Hellec, Thomas Guentch

 

Traduction: Mathieu Tillaut et Michael Vakasauvave

2012 - Première expédition et découverte
2014 - Tournage et repérage
2016 - Tournage et opération humanitaire
2012 - Première expédition et découverte

2014 - Tournage et repérage

2016 - Tournage et opération humanitaire

Tikopia

un peu d'histoire

:

Tikopia est l’une des îles les plus isolée de l’archipel des îles Salomon.

C’est un ancien volcan de 5km2, dont le cratère constitue aujourd’hui le lac central.

Bien qu’elle se situe en Mélanésie, elle est peuplée de polynésiens, ce qui renforce

encore son isolement culturel.

L’île compte 1

800 habitants

. Depuis 3000 ans ils ont développé un modèle de

civilisation originale qui s’est développé quasiment sans influences extérieures jusqu’à

nos jours

: pas d’argent, pas d’administrations centrales et une organisation basée sur

le droit d’usage et la prise en compte de leur milieu de vie dans chacune de leur

décision.

L’agriculture et la pêche sont les deux activités nourricières principales. Ils ont

développé des techniques agro-forestières depuis des siècles pour transformer leur île

en une jungle comestible.

Ces dernières années ces équilibres changent.

Par deux fois, des cyclones d’ampleurs inédites ont détruit l’île et brisés la

digue naturelle séparant le lac d’eau douce de la mer

: le lac est désormais

saumâtre et non potable. Les conséquences sont la disparition de la biodiversité

du lac au profit d’une nouvelle moins riche, une irrigation des cultures qui

salinise les sols, une reserve d’eau impropre aux usages domestiques.

Les pipelines d’eau obsolètes des citernes vieilles et insalubres, rendent le

stockage de l’eau de plus en plus compliqué.

Des périodes de sécheresse de plusieurs mois par an font régulièrement leur

apparition.

Cet ensemble de facteur créé une pénurie d’eau potable plusieurs mois par an qui

fragilise la vie sur Tikopia et favorise l’apparition de nouvelles maladies.

Quelques mots pour un titre

Plusieurs raisons justifient ce titre que je trouve porteur de sens :

C’est le titre d’un ouvrage écrit par Raymond Firth, premier ethnologue à avoir vécu sur l’île.

Il a par la suite consacré une partie de sa vie à son étude : ces écrits ont largement contribué

à l’intérêt de ses pairs pour Tikopia.  » We, the Tikopia » écrit à l’issue de son séjour d’un an

entre 1929-1930 est une référence dans la littérature ethno-économique. Claude Levi-Strauss

considérait cet ouvrage comme l’une des études les plus complètes et les plus abouties dans

le domaine. C’est de plus l’ouvrage de référence qui a servi au fameux chapitre qui m’a fait

découvrir Tikopia lors d’une tempête de neige.

Sur Tikopia, le « je » n’existe pas ou en tout cas est très rarement utilisé. Les habitants de l’île

utilisent « tato » (nous); qui désigne le clan, la tribu, la famille ou encore plus fréquemment

« mato » (nous); qui ne dissocie pas la communauté de son lieu de vie : Tikopia. Cette

particularité sémantique illustre assez bien la place qu’ils se donnent dans leur univers et la

perception holistique qu’ils ont de la nature qu’ils considèrent comme étant plus importante

que les parties qui la composent.

Le titre évoque la parabole

: nous sommes tous Tikopia.

Les enjeux à Tikopia aujourd’hui, et les réponses qu’elle doit apporter avec ses habitants

résonnent avec nos propres enjeux dans notre relation avec la Terre et nos milieux de vie.